Routine chérie 🪩

GAZETTE OLDWOOD #9 (extrait)

Avez-vous réellement choisi votre routine ?

S'est-elle imposée d'elle-même ? Travaillez-vous consciemment à la rendre agréable ?

Toute entreprise créative débute par une routine. Et toute ma vie j'ai chéri ce mot : routine. C'est assez fou à dire, lorsqu'on n'a pas trente ans, et pourtant. Sans elle, je ne terminerais jamais rien de ce que j'entreprends. Le mot “routine” s'apparente à un certain confort péjoratif — il n'en est rien. Il s'agit au contraire de construire des bases solides dans son quotidien, pour pouvoir ensuite aller se frotter aux montagnes des milieux artistiques.

Tout le monde connaît l'écrivain Georges Simenon aujourd'hui parce qu'un jour, Simenon a décidé en toute conscience : je serai prêtre. Vous ne l'attendiez pas, celle-là, hein ? “Je serai prêtre, parce qu'au moins, j'aurai le temps d'écrire”. L'idée d'être payé pour faire quelque chose qu'on aime paraissait tout aussi farfelue à l'époque qu'aujourd'hui, à la plupart des gens qui s'empêchent de rêver. “Un chapitre par jour, coûte que coûte” a-t-il dit ensuite. Et il s'y est tenu. Suite à quoi il a fini par devenir écrivain. Simenon a toujours été pour moi le parfait exemple du rêveur pragmatique. 

Cette routine peut être créative, elle peut aussi s'en éloigner. J'aimerais que ma routine, cette année, soit nourrie de deux choses : de plus de temps passé dans la nature, de moins de films que je n'ai pas choisi de regarder — oui, car ce sont les films qui vous choisissent de nos jours, si vous n'y prenez pas garde.

Foutez-vous la paix. Une routine n'a pas nécessairement à être synonyme de productivité.

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